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Fiscalité

Charges déductibles chauffeur VTC : ce qui passe vraiment

Publié le 28 août 2026 · 6 min de lecture

Carburant, véhicule, péages, commissions des plateformes : les dépenses d’un chauffeur VTC sont importantes, et la question de leur déduction revient en permanence.

Avant d’entrer dans le détail poste par poste, il faut comprendre une chose : la réponse dépend d’abord de votre régime fiscal, pas de la nature de la dépense.

Tout dépend de votre régime, avant tout

En micro-entreprise, vous ne déduisez pas vos dépenses une par une. Un abattement forfaitaire est appliqué à votre chiffre d’affaires, et il est censé tenir compte de vos frais. Que vous ayez beaucoup ou peu de dépenses ne change rien au calcul.

Au régime réel, vos dépenses professionnelles peuvent être prises en compte, à condition d’être engagées dans l’intérêt de l’activité, correctement justifiées, et de respecter les règles fiscales applicables.

Si vous êtes en micro-entreprise, la suite de cet article vous concerne surtout pour comprendre ce que vous ne pouvez pas déduire, et pour évaluer si le régime réel serait plus adapté à votre situation.

Le véhicule : le poste le plus important, et le plus complexe

C’est presque toujours la première dépense d’un chauffeur VTC, et celle dont le traitement est le moins uniforme.

Achat, crédit, LOA ou LLD ne se traitent pas de la même manière. Le traitement dépend notamment du mode de financement, de la façon dont le véhicule est détenu, de son utilisation professionnelle, de votre régime fiscal et, dans certains cas, de la TVA.

Il n’existe donc pas de règle unique du type « ma voiture est déductible à 100 % ».

Si vous envisagez d’acheter ou de louer un véhicule pour votre activité, il est préférable de comparer les conséquences avant de signer le contrat, pas après.

Les commissions des plateformes

Les commissions prélevées par Uber, Bolt ou Heetch représentent une dépense majeure. Elles doivent être identifiées et comptabilisées séparément.

Si vous réalisez 5 000 € de courses et que les plateformes prélèvent 1 000 € de commissions, il ne faut pas simplement retenir les 4 000 € versés sur votre compte bancaire. Les relevés des plateformes permettent de retrouver les courses, les commissions et les montants reversés.

Les commissions soulèvent par ailleurs une question de TVA que beaucoup de chauffeurs découvrent tardivement. Nous l’avons traitée en détail dans notre article sur la TVA et les commissions des plateformes.

Vos relevés de plateformes sont-ils correctement traités ?

Nous rapprochons courses, commissions et virements pour vérifier que votre comptabilité correspond réellement à votre activité.

Carburant

Au régime réel, le carburant utilisé pour votre activité constitue une dépense professionnelle. Vous devez pouvoir justifier la dépense et son caractère professionnel.

Conservez vos justificatifs, et évitez autant que possible de mélanger dépenses personnelles et professionnelles sur le même moyen de paiement.

En micro-entreprise, vous ne déduisez pas vos tickets de carburant : l’abattement forfaitaire est censé en tenir compte.

Entretien, réparations et lavage

Révision, vidange, pneus, réparations, lavage : ces dépenses peuvent être directement liées à votre activité.

Au régime réel, leur traitement dépend notamment de la façon dont votre véhicule est détenu et utilisé.

Conservez toutes vos factures, même les petites : sur une année, leur montant cumulé devient significatif.

Péages et stationnement

Les péages liés à vos déplacements professionnels peuvent être pris en compte au régime réel. Il en va de même pour certaines dépenses de stationnement engagées dans le cadre de votre activité.

L’essentiel est de pouvoir démontrer le lien avec l’activité professionnelle et de conserver les justificatifs.

Assurance

L’assurance liée à votre activité professionnelle peut être prise en compte au régime réel.

Attention à bien distinguer l’assurance du véhicule, l’assurance professionnelle et les éventuelles garanties complémentaires : le traitement dépend de la dépense et de votre situation.

Téléphone et abonnement internet

Votre téléphone est un outil de travail indispensable : réception des courses, applications des plateformes, contact avec les clients. Une partie de ces dépenses est donc liée à votre activité.

Mais si votre téléphone ou votre abonnement sert aussi à titre personnel, il faut tenir compte de cette utilisation mixte. Il ne suffit pas de considérer automatiquement 100 % de la facture comme professionnelle.

Frais bancaires et honoraires

Au régime réel, les frais liés à votre activité peuvent également être pris en compte. Cela concerne notamment les frais du compte bancaire dédié à l’activité, certains frais de paiement, les honoraires de l’expert-comptable et certains frais administratifs.

Là encore, la dépense doit être engagée dans l’intérêt de l’activité et correctement justifiée.

Les repas : le poste le plus délicat

Manger pendant votre journée de travail ne signifie pas que l’intégralité de votre repas est déductible.

Des conditions et des limites spécifiques s’appliquent aux frais de repas pris à l’extérieur du domicile. Il faut pouvoir justifier le caractère professionnel de la dépense et tenir compte de la part correspondant à un repas qui aurait de toute façon été pris.

Si vous avez beaucoup de frais de repas, faites-les vérifier plutôt que de déduire automatiquement tous vos tickets.

Au régime réel, faut-il tout déduire ?

Non.

Une dépense n’est pas déductible simplement parce qu’elle figure sur votre relevé bancaire. Pour être prise en compte, elle doit être engagée dans l’intérêt de l’activité, correctement justifiée, et respecter les règles fiscales applicables.

La distinction entre dépenses professionnelles et personnelles est particulièrement importante pour les dépenses mixtes : téléphone, internet, véhicule, certains frais de repas.

Les erreurs à éviter

Tout déduire parce qu’on est professionnel

Être chauffeur VTC ne rend pas automatiquement une dépense déductible.

Déduire ses tickets en micro-entreprise

Le régime micro fonctionne avec un abattement forfaitaire, pas avec une déduction poste par poste.

Considérer la voiture déductible à 100 %

Le traitement dépend du véhicule, de son financement, de son utilisation et de votre régime.

Déduire intégralement les dépenses mixtes

Une dépense utilisée à la fois professionnellement et personnellement demande de la prudence.

Ne pas conserver les justificatifs

Une dépense sans justificatif peut poser problème en cas de contrôle.

En résumé

Vos dépenses professionnelles représentent une part importante de votre activité, mais leur traitement dépend avant tout de votre régime.

En micro-entreprise, elles ne sont pas déduites une par une : un abattement forfaitaire s’applique. Au régime réel, elles peuvent être prises en compte si elles remplissent les conditions de déduction et sont correctement justifiées.

Pour les postes les plus lourds, véhicule, commissions et TVA, mieux vaut examiner l’ensemble de votre situation plutôt que de traiter chaque dépense isolément. C’est souvent à ce moment que la comparaison entre micro-entreprise et régime réel prend tout son sens.

Votre régime est-il adapté à votre activité ?

VTCompta accompagne exclusivement les chauffeurs VTC et analyse les principaux postes de votre activité : véhicule, carburant, plateformes, assurance et frais professionnels.

Questions fréquentes

Un chauffeur VTC en micro-entreprise peut-il déduire son carburant ?

Non. En micro-entreprise, les dépenses ne sont pas déduites une par une : un abattement forfaitaire est appliqué au chiffre d’affaires et il est censé tenir compte des frais engagés.

La voiture d’un chauffeur VTC est-elle déductible à 100 % ?

Il n’existe pas de règle unique. Le traitement dépend du mode de financement, de la façon dont le véhicule est détenu, de son utilisation professionnelle et de votre régime fiscal.

Peut-on déduire son téléphone ?

Au régime réel, la part professionnelle peut être prise en compte. Si l’appareil ou l’abonnement sert aussi à titre personnel, cette utilisation mixte doit être prise en considération.

À partir de quand le régime réel devient-il plus intéressant ?

Cela dépend du niveau réel de vos charges par rapport à votre chiffre d’affaires, et notamment du poids de votre véhicule et des commissions. La comparaison doit être faite au cas par cas.